Démêlons le vrai du faux

19 idées reçues
sur les reptiles

Les reptiles sont les animaux les plus chargés en légendes. Voici 19 mythes courants, démystifiés par nos soigneurs après 36 ans d'observation et de partage avec ces incompris.

Notre mission depuis 1990 : démystifier ces animaux fascinants, longtemps craints et mal compris. La connaissance fait reculer la peur — c'est l'histoire même de Reptiland. — Antoine Gouygou, directeur de Reptiland

Ils sont en réalité poïkilothermes et ectothermes : leur température corporelle dépend directement du milieu extérieur. Un serpent dans une pièce à 20°C est à 20°C. Dans une pièce à 30°C, il est à 30°C.

Ne brûlant pas de calories pour maintenir une température interne stable comme nous, on dit « à sang froid » par simplification — mais en été, leur température peut être supérieure à la nôtre.

Faux, même s'ils n'ont pas d'oreille externe. Ils possèdent une oreille interne qui perçoit les fréquences basses. Les vibrations du sol sont captées par leurs écailles ventrales et leur peau de gueule.

Mais leur sens le plus développé reste l'odorat : avec leur langue bifide, ils prélèvent les molécules de l'air et les envoient dans l'organe de Jacobson situé sur le palais — une analyse fine qui leur donne température, hygrométrie, pH et particules odorantes.

Ils muent en réalité pour être propres. Ne brûlant pas de calories pour leur température interne, ils ont besoin d'écailles très propres pour absorber correctement la chaleur du milieu.

Chaque écaille fonctionne un peu comme un petit panneau solaire. Un panneau sale ou usé fonctionne moins bien. En général, un serpent mue une fois par mois, parfois tous les deux mois selon l'usure.

Légende tenace. Si un boa s'allonge contre votre corps, ce n'est pas pour évaluer s'il peut vous avaler. Un boa qui sort de son terrarium n'est plus à la température vitale qu'il connaît : il a froid et cherche de la chaleur.

Quel est le meilleur radiateur dans une maison ? Le corps humain, qui dégage 37°C. Il se colle simplement pour se réchauffer. C'est aussi mignon que désespérant pour les amateurs de films d'horreur.

Surtout pas. Nous mangeons 3 à 4 fois par jour parce que nous brûlons beaucoup de calories juste pour maintenir nos 37°C. Sur tout ce qu'on avale, une petite partie seulement sert à bouger et penser.

Un serpent, lui, consacre 95 % de son alimentation à vivre et se déplacer. De plus, les proies sont mangées entières (os, dents, griffes — rien ne se perd). Un serpent peut rester plusieurs semaines sans manger.

Bon à savoir : l'obésité chez un reptile est un vrai danger — elle peut rendre l'animal stérile et le faire vieillir prématurément.

Sur les environ 4 000 espèces de serpents recensées dans le monde, seulement 600 environ sont venimeuses, et moins de 200 sont réellement dangereuses pour l'humain.

La grande majorité fuit le contact avec l'homme et ne représente aucune menace. À Reptiland, vous pouvez observer côte à côte des espèces totalement inoffensives (boas, pythons royaux, serpents des blés) et certaines des plus venimeuses au monde (cobras, mambas, vipères heurtantes).

Faux. Leur peau est parfaitement sèche et lisse au toucher. Les écailles sont composées de kératine — exactement la même protéine que nos cheveux et nos ongles.

Au toucher, c'est plutôt agréable et un peu froid (puisqu'à température ambiante). De nombreuses personnes phobiques découvrent ça avec étonnement lors de nos séances de désensibilisation.

Comme on l'a vu, les serpents n'ont pas d'oreille externe et entendent très mal. Ce qu'ils suivent dans le numéro du charmeur, ce sont les mouvements de la flûte et les vibrations du sol.

Le serpent (souvent un cobra à monocle) adopte sa posture défensive parce qu'il se sent menacé — pas parce qu'il est « charmé ». Le panier ouvert + la flûte qui bouge = un cobra qui se tient prêt à frapper. Spectaculaire, mais loin de l'image romantique.

Impossible. La carapace n'est pas un « habit » : c'est une partie intégrante du squelette. Elle est fusionnée à la colonne vertébrale et aux côtes.

Une tortue sans carapace, c'est comme un humain sans cage thoracique : ça n'existe pas. Le dessin animé qui montre une tortue retirer sa carapace pour se baigner est une charmante fiction.

Les tortues terrestres, oui, sont lentes (1 à 2 km/h). Mais les tortues marines sont d'excellentes nageuses : la tortue luth peut atteindre 35 km/h dans l'eau.

Et contrairement à leur image, les tortues sont aussi capables de mémoriser des itinéraires, de reconnaître des visages et de résoudre des problèmes simples. Pas si lentes d'esprit, donc.

C'est l'idée reçue la plus tenace sur les caméléons. En réalité, ces changements de couleur sont essentiellement liés à l'humeur, à la température et à la communication entre individus.

Un caméléon stressé devient sombre, un mâle en parade arbore des couleurs vives pour impressionner une femelle ou repousser un rival, et un caméléon qui prend le soleil s'assombrit pour mieux capter la chaleur. Le camouflage est un effet secondaire, pas la fonction principale.

Vrai d'un point de vue mécanique : les crocodiles ont bien des glandes lacrymales qui produisent des larmes pour humidifier leurs yeux. On en voit parfois couler quand l'animal mange, à cause de la pression des mâchoires qui comprime les conduits.

En revanche, ces larmes ne traduisent aucune émotion : pas de regret ni de tristesse. L'expression française « verser des larmes de crocodile » désigne d'ailleurs un chagrin feint, sans sincérité.

Surprenant mais vrai. Loin de l'image du prédateur insensible, la femelle crocodile couve activement ses œufs, les retourne, défend le nid avec acharnement, et — au moment de l'éclosion — porte délicatement ses petits dans sa gueule pour les amener à l'eau.

Elle protège ensuite ses bébés pendant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Un comportement parental complexe, plus proche des oiseaux que des autres reptiles.

Faux. La recherche en éthologie a fait beaucoup évoluer notre vision ces dernières années. Plusieurs espèces de reptiles présentent des comportements sociaux structurés :

Les crocodiles protègent leur progéniture et certains chassent en groupe. Les dragons barbus émettent des signaux visuels (mouvement de bras pour la soumission). Certains geckos vivent en petits groupes familiaux stables. Et les iguanes reconnaissent leurs congénères individuellement.

L'image du reptile froid et asocial appartient à un autre âge.

Faux. La plupart des reptiles sont ovipares (pondent des œufs), mais certaines espèces sont ovovivipares (les œufs éclosent à l'intérieur du corps de la mère) — voire vivipares au sens strict.

Exemples présents à Reptiland : la vipère aspic et le boa constricteur mettent au monde des petits déjà formés, sans pondre d'œuf extérieur. C'est une stratégie répandue chez les serpents qui vivent dans des climats froids — l'incubation interne assure une meilleure survie des bébés.

Stupéfiant mais bien vrai. Chez les crocodiles et certaines tortues, le sexe des petits n'est pas déterminé par les chromosomes mais par la température d'incubation des œufs. On appelle ça la détermination sexuelle dépendante de la température (TSD).

Chez le crocodile du Nil par exemple : entre 31 et 34°C, on obtient surtout des mâles. En dehors de cette fenêtre étroite, on obtient surtout des femelles. Le réchauffement climatique menace donc directement l'équilibre des sexes dans la nature.

C'est l'idée reçue numéro 1 qui empêche des familles de visiter Reptiland en été. La chaleur des terrariums est strictement réservée aux animaux, pas aux visiteurs.

L'espace public de Reptiland est entièrement couvert et climatisé toute l'année. Vous visitez confortablement même en plein mois d'août, alors qu'il fait 35°C dehors. Beaucoup d'habitués viennent d'ailleurs s'y rafraîchir pendant les canicules.

Beaucoup pensent qu'un reptile s'ennuie forcément en captivité parce qu'il est souvent immobile. Pourtant, les reptiles n'ont pas les mêmes besoins que les mammifères. Lorsqu'ils disposent d'un terrarium adapté à leur caractère et à leur espèce — zones de chaleur, zones plus fraîches, éléments à explorer, cachettes, etc. — ils peuvent exprimer leurs comportements naturels.

Le problème n'est donc pas la captivité en elle-même, mais un environnement pauvre ou inadapté. Un reptile bien maintenu peut vivre dans de bonnes conditions sans souffrir « d'ennui ».

Il ne faut pas confondre émotions humaines et émotions des reptiles. Les recherches montrent qu'ils peuvent éprouver différents états émotionnels comme le stress, la peur ou le bien-être. Même s'ils ne les expriment pas de la même manière que les mammifères, leurs comportements montrent qu'ils réagissent à leur environnement et à leurs expériences.

À Reptiland, nos animaux sont confiants en notre présence et n'ont pas peur d'explorer leur habitat : un indice des émotions positives qu'ils peuvent ressentir dans leur terrarium et en notre présence.

Envie de les rencontrer en vrai ?

Le meilleur antidote aux idées reçues, c'est de voir ces animaux fascinants en lumière du jour, dans un espace couvert et climatisé, accompagné par nos soigneurs passionnés.